LE JALON DU CONGO

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30 juin, 2011

TU SERAS PRÉSIDENT, MON FILS

Classé sous Liens,POLITIQUE — lejalonducongo @ 8:58

Quand les présidents sortants africains décident de tenir des élections, ce n’est pas pour les perdre.

Antoine Char, Journaliste et Professeur à l’Uquam

Assurer l’avenir de sa progéniture est une noble cause. C’est ce que se disent plusieurs présidents africains ayant un sens de la famille particulièrement prononcé. Hosni Moubarak rêvait de voir son fils Gamal lui succéder, mais les égyptiens en ont décidé autrement. Abdoulaye Wade aurait lui aussi aimé que Karim occupe son fauteuil présidentiel. Mais…

Les sénégalais sont massivement descendus dans la rue la semaine derni`re pour empêcher que leur pays, l’une des rares démocraties d’Afrique, se transforme en <démocratie familiale>. L’ex-colonie française n’a jamais connu de coup d’État, ses médias sont plutôt libres, et le multipartisme y fonctionne mieux qu’ailleurs sur le continent. Le Sénégal est d’ailleurs la vitrine d.mocratique de l’Afrique francophone.

Au pouvoir depuis 11 ans, Wade, 85 ans, est candidat à sa propre succession. Il n’est pas sûr de remporter l’élection présidentielle, l’an prochain. Alors, il a proposé de réviser la constitution pour élire d’un seul coup, au premier tour, un président et un vice-président avec non pas 50% des suffrages exprimés, mais la moitié (25%). Son fils Karim qui occupe actuellement quatre ministères, aurait été son colistier. La dynastie familiale était ainsi assurée.

Pour contrer ce hold-up électoral, les Sénégalais ont manifesté par milliers jeudi dernier. Le vieux président a vite compris. Il n’y aura pas de monarchie présidentielle, comme c’est le cas en République démocratique du Congo (ex-Zaïre), au Togo et au Gabon. Dans ces trois pays, le fils a remplacé le père au palais présidentiel, comme en Syrie et en Corée du Nord.

Quand les présidents sortants africains décident de tenir des élections, ce n’est pas pour les perdre. La longévité est signe de stabilité et pour l’assurer, la fraude électorale est souvent au rendez-vous. Qu’il y ait des présidents à l’instar d’Abdoulaye Wade, soucieux d’avoir un dauphin naturel ne doit pas surprendre.

Malgré tout, la démocratie prend racine en Afrique en dépit d’une décolonisation tardive, d’un taux d’analphabétisme plus élevé que partout ailleurs dans le monde et et surtout de présidents à vie soutenus par l’Occident au nom d’intérêts multiples.

Une vingtaine d’États peuvent être considérés démocratiques sur les 53 que compte l’Afrique. Au cours des prochains mois, une dizaine de pays ont rendez-vous avec leurs électeurs. La Tunisie et l’Égypte seront sous les feux médiatiques. Jacques Chirac avait finalement tord de dire que la démocratie était un luxe pour l’Afrique.

NDLR:

En République démocratique du Congo, le gouvernement actuel contre tout bon sens a modifié la loi électorale et la constitution pour que le vote se fasse à un tour et que le Président pourrait avoir moins de 50%, ce qui revient à dire qu’avec 30%, on peut devenir Président de la RDC si on se retrouve premier.

Si les citoyens sénégalais se sont levés contre ce vol constitutionel, les congolais ne peuvent pas le faire, à la place, ils prennent les églises de réveil d’assaut en demandant à Dieu de venir sauver le pays. Pourquoi Dieu aiderait-il seulement la RDC et non le Sénégal?

Tout récemment, les sénégalais sont encore descendus sur la rue pour des coupures de courant. En RDC, les habitants acceptent sans broncher l’absence de courant qui, dans d’autres quartiers dépasse les 3 semaines sans électricité.

S’ils ne prennent garde, les congolais se verront voler les élections prochaines et ne s’en prendront qu’à eux-mêmes.

(La Rédaction du Jalon du Congo)

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